Pour faire progresser ses économies et accroître l’adoption du numérique par les entreprises et les utilisateurs finaux, l’Afrique a besoin d’un meilleur accès au matériel et d’une plus grande disponibilité d’infrastructures de connectivité abordables. Si le continent parvient à réduire la fracture numérique, il pourrait devenir un marché immense pour les services numériques.
Considérons la démographie de l’Afrique : la population du continent était d’environ 1,3 milliard de personnes en 2020, et devrait atteindre 1,5 milliard d’ici 2025. C’est l’équivalent de la population de l’Inde, mais répartie sur une superficie géographique dix fois plus grande. Au cours des 20 dernières années, l’espérance de vie en Afrique a augmenté de 11 ans pour atteindre 61 ans.
Dans le même temps, et malgré ces évolutions démographiques rapides, la fracture numérique persiste. En moyenne, plus de 50 % de la population africaine n’a toujours pas accès à Internet. En plus de cette couverture limitée, les prix de la connectivité et du matériel restent un obstacle à l’adoption pour de nombreux utilisateurs potentiels.
La GSMA a fait état d’un « écart d’utilisation » sur le continent : fin 2020, 53 % de la population d’Afrique subsaharienne n’utilisait toujours pas Internet mobile malgré une couverture en haut débit mobile. Cinq des dix pays où les données mobiles sont les plus chères au monde se trouvent en Afrique subsaharienne. Dans certains pays, 1 Go peut coûter au moins 10 $, soit 250 fois plus qu’en Israël, pays où les données sont les moins chères.
Tout cela constitue un marché au potentiel énorme pour les services numériques, à condition de disposer des outils et des mécanismes adéquats pour les fournir. Mais des initiatives sont déjà en cours pour développer l’infrastructure nécessaire à l’avancement de l’Afrique.
Plusieurs entreprises participent à des projets visant à améliorer la connectivité en Afrique et à connecter les populations non desservies. Deux grands câbles sous-marins sont en cours de déploiement : Equiano de Google, reliant l’Afrique du Sud au Portugal via la côte ouest, et le câble 2Africa, développé par un consortium dirigé par Facebook et incluant Orange. Long de 7 000 km, il fera le tour du continent, offrira jusqu’à 180 Tbps et devrait être opérationnel en 2023.
Ces projets faciliteront le déploiement de la 4G, de la 5G et du haut débit fixe pour des centaines de millions d’africains, tout en réduisant potentiellement les coûts d’accès à Internet.
Les réseaux terrestres sont essentiels pour connecter les populations isolées. La fibre, bien que coûteuse à déployer à grande échelle, permet de relier les pays enclavés et les grandes villes. En 2020, 68 villes africaines comptaient plus d’un million d’habitants, chiffre qui pourrait atteindre 100 d’ici 2025. Plus de 300 000 km de fibre terrestre ont été proposés ou sont en construction, s’ajoutant au million déjà installé. En 2019, 584 millions de personnes vivaient à moins de 25 km d’un nœud en fibre optique, soit deux fois plus qu’en 2010.
Des avancées majeures ont été réalisées en 2021, avec des connexions établies entre le Cameroun et le Tchad, le Gabon, ou encore entre la Tanzanie et le Mozambique. Des entreprises comme Liquid Intelligent Technologies étendent leurs réseaux entre l’Afrique du Sud et l’Égypte, ou entre le Kenya et la RDC. Orange, de son côté, partage désormais son réseau fibre avec Liquid.
Les satellites en orbite basse (LEO) comme ceux de OneWeb, Starlink ou Telesat sont appelés à jouer un rôle crucial. Le MIT estime qu’ils connecteront plus d’Africains dans les cinq prochaines années que toute autre technologie.
Les points d’échange Internet (IXP) se développent pour réduire la dépendance aux liaisons internationales. On compte aujourd’hui 49 IXP actifs dans 35 pays africains, contre 255 en Europe. Leur développement améliore la stabilité, la résilience et les coûts de connectivité.
La moitié des data centers africains sont aujourd’hui situés en Afrique du Sud. Africa Data Centers prévoit d’investir 500 millions de dollars pour construire 10 centres dans 10 pays. Mais les défis restent importants : instabilité électrique, forte demande en refroidissement, etc.
L’accès croissant à Internet et l’adoption des smartphones vont dynamiser l’économie numérique africaine, estimée à 115 milliards de dollars aujourd’hui et multipliable par six d’ici 2050. 44 millions d’emplois pourraient être créés si la connectivité atteignait 75 %.
Comment Orange Wholesale International contribueOrange investit 1 milliard d’euros par an pour soutenir l’économie numérique africaine, en ligne avec sa stratégie Engage 2025 axée sur l’inclusion numérique et l’environnement. 1. Garder le trafic intra-africain en Afrique 2. Des services numériques hébergés en Afrique 3. Connecter l’Afrique au monde |